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Camille et Elise au Laos

A Savannakhet, au Laos, notre communauté de 4 soeurs a la charge d’une école maternelle et primaire “DaoArun” ainsi qu’un foyer de 12 enfants, âgés de 3 à 12 ans. En tant que directrice de l’école, je recevais fréquemment les questions des enseignantes sur la psychologie de l’enfant. La congrégation m’a donnée la possibilité d’accueillir des volontaires. J’ai accepté d’en parler avec les maîtresses qui étaient très intéressées. Camille et Elise étaient les deux premières volontaires psychologues de formation. En amont de leur arrivée, nous avons eu plusieurs temps de travail en visio pour construire le projet ensemble. Nous nous sommes mises d’accord sur l’idée d’un temps de formation à destination des maîtresses. La mission étant prévue sur un mois, nous avons eu l’idée de construire un questionnaire à destination des maîtresses pour préparer en amont le début de la mission afin de connaître leurs besoins. Leurs demandes concernaient la compréhension et l’accompagnement des émotions et des comportements des élèves. Arrivées sur place, Elise et Camille ont pu visiter l’école et passer du temps dans les classes. Nous avons eu un temps d’échange avec toutes les maîtresses pour faire connaissance et échanger ensemble. Nous avons construit et proposé cette formation en Français et traduite en Lao. Le développement du cerveau, les émotions, les besoins fondamentaux, la concentration chez l’enfant, ainsi que des outils pédagogiques sont les thématiques qui ont été abordées. Les maîtresses ont pu poser leurs questions et ont apprécié cette formation, d’autant plus qu’elles n’avaient jusqu’alors pas reçu d’enseignements sur ces sujets. Elles souhaitent à présent mettre en place progressivement les outils proposés. Camille et Elise sont venues au mois de janvier, période où il y avait une semaine de vacances scolaires. Une opportunité pour elles d’aller au foyer des adolescentes qui fait partie de notre congrégation.

La demande des soeurs du foyer était principalement sur la thématique de l’adolescence, plus précisément sur “comment soutenir ces adolescentes dans cette période de la vie qui peut être un peu difficile”. Camille et Elise ont mis en place une boîte à questions anonymes pour recueillir leurs préoccupations, puis toutes ensemble ont participé à un temps de dialogue. Suite aux échanges, des activités autour de la confiance en soi et des relations aux autres ont été proposées. Les soeurs ont remarqué que ces adolescentes avaient une meilleure compréhension de leurs ressentis, perçoivent aujourd’hui l’importance de prendre le temps de vivre chaque étape de leur vie de jeunes filles et sont plus apaisées par rapport à leur avenir. Nous avons tissé des liens avec Camille et Elise; elles font partie de notre famille; nous avons apprécié leur présence ici et sommes tristes de nous quitter d’ici quelques jours. Nous gardons contact et espérons nous revoir. Soeur Santy Sayaboun

Nous avions en tête avant le début de notre mission, que nous venions pour proposer de l’aide certes, mais que la richesse se trouverait dans ce que nous allions recevoir. Cependant, nous ne nous doutions pas que cette expérience allait autant nous bouleverser humainement et professionnellement. Vivre au sein de la communauté, ensemble, voir les soeurs dédier leur vie aux autres, toujours dans la joie et l’humilité, est une véritable richesse pour nous. Elles sont des modèles de vie et ce que nous avons vu d’elles renforce notre valeur de l’engagement et a nourri notre foi. Avoir été accueillies comme des membres de la famille à chaque endroit où nous sommes allées et cela sans conditions, nous a bouleversé. Nous avons beaucoup appris de la culture sur place et notamment du lâcher prise, de la sérénité et de la paix qui s’en émane, ainsi que des valeurs collectives (solidarité, vivre ensemble, prendre soin des autres et des générations précédentes…), ce qui manque dans les sociétés occidentales. De plus, notre regard sur l’éducation des enfants a été particulièrement enrichi : la liberté et la confiance qui leur sont accordées tout en leur enseignant de la discipline et du respect. Nous sommes admiratives de voir la manière dont les enfants savent construire, réparer, pêcher, jouer des heures dehors, sans jamais s’ennuyer. Les enfants sont autonomes, responsables et épanouis. Venir en tant que volontaires est bien différent d’une expérience touristique. Nous nous sommes immergées dans la vie locale et nous avons vécu et partagé des moments de vie que nous n’aurions probablement jamais vécus en tant que touristes. Nous faisions partie de la communauté et nous nous sentions à notre place. Nous sommes venues avec des connaissances, des outils, que nous pensions transmettre aux maîtresses et nous avons découvert que cela faisait déjà partie de leur pratique de manière intuitive alors qu’elles n’ont que peu de formations. Nous avons beaucoup appris d’elles et de leur admirable savoir-faire.

Nous sommes chanceux d’avoir accès à des formations en France, mais nous avons aussi pris conscience de l’importance d’agir selon nos propres ressentis, de se faire confiance, comme le font les maîtresses ici. Nous avons vraiment apprécié vivre en communauté avec les soeurs et les enfants du foyer. Ce sont des enfants qui ont des parcours de vie difficiles, leur résilience est une véritable leçon de vie. Nous avons vécu des moments de rires et de jeux qui resteront gravés dans notre coeur. Tout ce que nous avons appris ici nous donne envie de le transmettre à notre tour. Nous ne sommes plus tout à fait les mêmes que lorsque nous sommes arrivées et ce volontariat est l’une des plus belles aventures de notre vie.

Camille et Elise