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L’aquaculture dans la communauté de Yaoundé

La communauté des Sœurs de la Charité à Yaoundé est située sur l’une des collines de Yaoundé et vit dans une maison entourée d’un bon terrain, presque entièrement cultivé afin de soutenir les sœurs et les familles les plus démunies de la région. Depuis 2022, la communauté a également décidé de se consacrer à l’élevage de la pêche, en commençant par les tilapias, pour la nutrition de la communauté, mais aussi pour pouvoir lancer une sorte de commerce avec les congrégations environnantes, avec quelques petits restaurants en ville, quelques collèges et des étudiants de l’Université catholique voisine. De plus, l’eau rejetée des réservoirs aide à arroser le jardin et permet à la communauté de consommer des légumes frais toute l’année. Les dépenses d’achat de poisson et de légumes avaient déjà considérablement diminué.

Mais le fait d’avoir un seul aquarium rendait la reproduction difficile, car cela nécessitait un temps d’attente pour la croissance des poissons, son échange, puis, à nouveau, le cycle commençait avec une autre quantité de poissons à élever. Le cycle était donc très large et long. Dès 2023, la Fondation Thouret a contribué à la construction de deux autres aquariums afin que chacun contienne une quantité de poissons ayant atteint le même niveau de croissance, permettant ainsi au cycle de continuité, entre les poissons vendus et ceux remplacés, achetés encore jeunes et à cultiver. Cependant, il n’était toujours pas possible de couvrir les coûts nécessaires, en raison de la hausse des prix et donc aussi du coût de l’alimentation des poissons : un sac de nourriture pour les alevins coûte 27 000 francs CFA et celui pour les plus grands 25 000 francs. Avec ces prix, il est difficile d’acheter une quantité considérable d’alevins, alors que les bassins sont conçus pour accueillir entre 1 500 et 2 000 personnes. Il a donc été nécessaire d’intervenir à nouveau : en octobre dernier, avec l’aide de la Fondation et du Centre Novara, nous avons réussi à construire un autre grand bassin en béton : cela nous permet désormais d’avoir une ferme de 3 000 poissons déjà en croissance. Le travail a donc augmenté et la communauté ne peut pas tout suivre. Un jeune orphelin fut embauché, désireux de travailler : sa contribution est très importante pour maintenir la propreté des lieux, pour le soin des poissons et pour le contact avec les clients. Le projet promet de favoriser un bon développement et ainsi de soutenir non seulement la communauté des sœurs et les études des plus jeunes, mais aussi d’offrir une aide économique aux familles les plus pauvres de la région. Tout cela crée également une plus grande harmonie avec la nature et la création en harmonie avec les choix écologiques que la Congrégation développe progressivement et surtout avec le désir de vivre selon ce que le pape François nous enseigne dans l’encyclique Laudato Si :

(158) Dans les conditions actuelles de la société mondiale, où il y atant d’inégalités et où de plus en plus de personnes sont rejetées, Privé de droits humains fondamentaux, le principe du bien commun se transforme immédiatement, en conséquence logique et inévitable, en un appel à la solidarité et à une option préférentielle pour les plus pauvres. Cette option nécessite de tirer les conséquences de la destination commune des biens de la terre, mais, comme j’ai tenté de le montrer dans l’Exhortation apostolique Evangelii Gaudium,[123] elle exige d’abord contempler l’immense dignité des pauvres à la lumière des convictions les plus profondes de la foi. Il suffit d’observer la réalité pour comprendre qu’aujourd’hui cette option est une exigence éthique fondamentale pour la réalisation effective du bien commun.