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Réflexion personnelle sur l’expérience en Afrique au Tchad comme volontaire en mission du 7 Août au 5 septembre 2025 avec les sœurs de la charité de ste Jeanne Antide Thouret. N’Djamena – Sarh – Balimba – Koumra.

Rentrée en Italie depuis deux semaines, je réfléchie chaque jour sur le : Avant – Pendant – Après. En pensant et repensant attentivement et scrupuleusement à ce mois passé au Tchad, je me demande : « Dans quel état d’esprit l’ai-je vécu ? » « Ai-je été capable de répondre aux attentes de ceux qui m’ont accueillie ? » « Qu’ont-ils pensé de moi ? » « Qu’ai-je laissé en échange de leur disponibilité ? Aux sœurs, aux enfants, à chaque personne rencontrée ? » JE CROIS : TENDRESSE, COMPATION, GÉNÉROSITE, PATIENTE, CHARITE… Mais peut-être PAS ASSEZ, car en entrant dans une autre culture, en nous remettant en question, nous analysons finalement ce qui aurait été vraiment important pour eux… La mission existait déjà, c’est nous qui nous enrichissons en entrant dans cette culture qui nous permet justement de nous remettre en question et de prendre conscience de cette réalité.

Le retour sur soi pour réévaluer et mieux comprendre ce qui a déjà été pensé et vécu en mettant en évidence sa complexité. Le volontariat n’est pas seulement un moyen de nous rendre socialement utiles, le volontariat est également un lieu d’apprentissage et de formation qui nous permet de vivre une expérience humaine riche et formatrice : « ÊTRE PLUS AVEC ET POUR LES AUTRES ». Je me souviendrai et je n’oublierai JAMAIS aucune des sœurs du Tchad qui m’ont accueillie fraternellement et accompagnée dans mon expérience missionnaire, elles sont un exemple de CONSTANCE – D’AMOUR – D’ÉNERGIE – DE PERSÉVÉRANCE – DE PRIÈRE – DE RÉSILIENCE – toujours au service des plus fragiles : je pense à Sœur CHIKA qui recueille les enfants des rues sur les marchés et les accompagne à Balimba comme une bouée de sauvetage dans le cadre d’un projet qui les sauve de la misère en leur offrant une chance d’avenir grâce à un refuge sûr, l’école, un travail… En tant que bénévoles, nous n’avons passé que quelques jours avec eux, avec quelques heures de récréation, de rencontre, de partage… Comment oublier ces visages ? Leurs situations de vulnérabilité ? Où trouver des réponses et des solutions ?? Ce sont là des réflexions et des pensées profondes que j’essaie chaque jour de poser sans trouver de véritables réponses ni solutions, simplement pour que ces enfants comprennent qu’ils ne peuvent construire leur avenir qu’au Centre de Balimba et non dans la rue. Et puis, Sœur Paola Nuzzi à Koumra nous rappelle la première mission au Tchad qui a été ouverte en 1962, puis les écoles, les dispensaires, l’aide aux plus démunis, la promotion des femmes, etc. Elle a exprimé son inquiétude face à la situation du pays où la pauvreté et la souffrance sont omniprésentes et où la présence des sœurs est fondamentale pour apporter de l’aide.

Sœur Paola Nuzzi, que nous avions rencontrée à N’Djamena au début de notre volontariat, a tenu à nous accueillir à Koumra (alors que nous nous rendions à Sarh et que nous revenions) pour nous faire découvrir sa mission, le nouveau dispensaire sur le point d’ouvrir et, grâce à elle, nous avons pu visiter les prisons… une expérience crue, des visages détruits, des mères avec leurs petits dans un environnement malsain où il pleuvait… cette vision nous hante et revient sans cesse… Et puis toutes les sœurs de N’Djamena avec Sœur Paola Nelumta qui est venue nous chercher à l’aéroport avec son transport joyeux, les enfants de la « COLONIE » qui nous ont accueillis avec leur chant… leur sourire… et qui se sont immédiatement mis en phase avec nous comme si nous faisions partie de leur famille… Je tiens à remercier toutes les sœurs de la Charité, y compris sœur Alberta Gatta qui a été mon point de référence pour cette expérience, ainsi que Lorenza Vallarino qui vit dans ma région et à qui je dois beaucoup de réponses et d’encouragements.

Je tiens également à remercier mes compagnes de voyage, la très chère sœur Renata et la très douce Anna. Je voudrais terminer par quelques phrases (qui ne sont pas de moi…) qui reflètent bien ma pensée. PÈLERIN SUR LES ROUTES D’AFRIQUE, je porte dans mon sac à dos « LA MÉMOIRE ». Notre pèlerinage est unique, sur les routes des pauvres : « CEUX QUI S’ENGAGENT AUPRÈS DES OPPRIMÉS SERVENT LA PAIX ». Les solutions possibles exigent une approche globale pour lutter contre la pauvreté, pour donner de la dignité aux exclus, pour préserver la nature… UNE LUTTE JUSTE POUR LA JUSTICE ET LA PAIX.

Septembre 2025

Simonetta Marin